L'hôtel Gaillard

Cité de l'économie

Visite guidée

1h30

Jusqu'à 25 participants

Place du Général-Catroux, au cœur de la Plaine Monceau, l’Hôtel Gaillard affiche sa magnificence. Sa façade largement dominée par la brique, quand le quartier n’est que pierre, ou ses toits élancés ponctués de fines tourelles enchantent les regards et étonnent les passants. Plus surprenant encore, l’intérieur de l’édifice construit pour le banquier grenoblois Emile Gaillard était conçu à la fois comme une résidence privée, le siège de sa banque accessible aux clients mais également l’écrin pour ses collections d’art. Un mélange détonnant qui ne pouvait se satisfaire que d’une architecture hors-normes…

Hôtel Gaillard
Le banquier et l’architecte

En 1860, le décret d’annexion des communes suburbaines de Paris voulu par Napoléon III et le préfet Haussmann étend les limites de la capitale à la plaine Monceau. Une véritable fièvre de construction d’hôtels particuliers s’empare des élites parisiennes qui s’installent dans le quartier. Les artistes d’abord, Edouard Manet, Puvis de Chavannes, Sarah Bernhardt, Claude Debussy ou encore Alexandre Dumas et Edmond Rostand assurent le rayonnement du quartier. Les industriels ne tardent pas à suivre : les familles Mesniers, Peugeot ou Haviland s’y installent.

Emile Gaillard, banquier grenoblois amoureux des arts est naturellement charmé par l’ambiance bourgeoise de ce nouveau Paris et fait l’acquisition de deux parcelles pour élever son hôtel et offrir ainsi un écrin adapté à ses collections d’art.

Il commande ainsi à l’architecte Jules Février un édifice de style néo-Renaissance, très en vogue dans les années 1770-1780, en particulier auprès des élites bancaires. Inspiré du château de Blois, le bâtiment est rapidement qualifié de « féerique » par les contemporains qui ne savent plus quel nom lui donner. Ainsi en témoigne l’article de Cl Perier, dans La semaine des constructeurs « Faut-il donner le nom d’hôtel, de château ou de palais, à la splendide construction que vient d’élever (…) Monsieur J. Février, pour Monsieur Gaillard, banquier à Grenoble ? »

Les trois vies de l’hôtel Gaillard

Durant une vingtaine d’années, le discret banquier reçoit amis et collectionneurs dans son « palais » de la plaine Monceau avant de s’éteindre en 1902. Bien que rapidement mis en vente par sa veuve, l’hôtel ne trouve pas preneur avant 1919, date à laquelle il est acheté par la Banque de France pour y ouvrir une succursale. De toute évidence, la situation au coeur du quartier dans lequel réside une part importante de la clientèle joue un rôle déterminant. En effet, la Banque de France a vu son activité augmenter fortement depuis la Première Guerre mondiale et il devient nécessaire de désengorger le siège de la banque. En effet, la durée d’attente pour les opérations aux guichets du siège faisait l’objet de nombreuses réclamations.

L’hôtel Gaillard est donc entièrement réaménagé par l’architecte Alphonse Defrasse, spécialiste de l’architecture bancaire mais néanmoins très attaché à respecter l’esprit d’origine des lieux. Les appartements privés deviennent les bureaux pour la direction, et les espaces de réception sont adaptés pour accueillir le public. Toutes les modifications sont réalisées en respectant le style du bâtiment pour donner à la succursale l’ampleur et la majesté nécessaires pour rassurer ses clients.

Enfin, la succursale fermée en 2006, laisse la place depuis 20219, après de nombreux travaux, à la Cité de l’Economie qui a su restaurer et magnifiquement mettre en valeur ce joyau de l’architecture.

Pour la petite histoire….

Grand amateur de la Renaissance, Emile Gaillard collectionnait peintures, sculptures ou faïences qu’il exposait, voire encastrait, dans son hôtel de la place Malesherbes. Sa passion pour cette époque semble ne pas avoir eu de limite : à l’occasion des débuts de sa fille en société, qui correspondait également à l’inauguration de son hôtel, Emile Gaillard organisa un grand bal. Tous les invités, au nombre de 2 000, devaient porter des costumes des règnes d’Henri II et Charles IX, afin que l’illusion soit intacte et lui permette de faire revivre, pour un soir, « cette artistique époque »…

J’ai participé avec mon entreprise à plusieurs visites organisées par Marjorie (Montmartre, les passages couverts, l’Opéra Garnier, le musée de l’Orangerie…) et j’ai adoré la façon dont elle raconte les lieux, leur histoire ainsi que les anecdotes. Elle est même parvenue à me faire apprécier des oeuvres que je considérais sans intérêt en les replaçant dans le contexte de l’époque et de leur auteur ! Encore merci Marjorie et à bientôt pour de nouvelles visites.
Christine S

Le 08/06/2021

Le professionnalisme, les connaissances historiques et culturelles, la pédagogie de Marjorie ont rendu cette « visite » sur les Expositions Universelles hyper intéressante et enrichissante. Nous aurions pu continuer à l’écouter pendant des heures. Hâte de la retrouver pour les visites dans Paris.
Mélanie Dufond

Crédits photos : Charlotte Donker, Citéco – Les Bonnes Visites

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