Déambulation au Marché aux puces

Visite guidée

1h30

Jusqu'à 25 participants

Alors qu’au XIVe siècle, l’évêque Jean de Meulan est secouru par des chiffonniers, il crée pour eux, en gage de sa reconnaissance, le premier marché où pourraient être vendues « toutes marchandises dont on n’aurait pas à rechercher l’origine »… Le marché aux Puces est l’héritier de ce premier marché. Des fripes du Marché Malik à la brocante de Vernaison, les marchés se succèdent sans se ressembler et révèlent leurs trésors : du bibelot le plus simple aux meubles luxueux… une promenade historique et dépaysante…

Du cœur de la cité au ban de la ville

Cette initiative de l’évêque Jean de Meulan serait donc à l’origine du premier marché aux puces, appelé « marché des Patriarches » et installé dans le jardin de l’évêché, en plein cœur de l’île de la Cité. On y vendait surtout des hardes et de la ferraille. Mais dès le départ, la cohabitation avec les Parisiens est difficile. Suite aux premières plaintes des riverains, le marché est déplacé sur la rive gauche, à proximité de la Place Maubert et au cœur du remuant quartier latin.

Au XVIIe siècle pourtant, Richelieu fait interdire ce marché dans la capitale pour privilégier les objets neufs. Un nouveau coup dur pour les biffins, chiffonniers et autres crocheteurs qui tentent de se rapprocher des beaux quartiers. Mais s’ils y trouvent davantage de marchandise de qualité, leur compagnie est loin d’être appréciée.

Malgré le grand service qu’ils rendent à la Ville, les chiffonniers sont repoussés hors des limites de Paris. Ainsi, lors de la construction des fortifications voulues par Adolphe Thiers, la muraille est bordée par un chemin de ronde du côté de Paris, mais côté banlieue, une zone de 250m de large est laissée non constructible. C’est dans ce « no man’s land » que s’organise, vers 1871, le premier et le plus grand des marchés aux puces.

Le « Grenier du monde », paradis des chineurs

C’est à cette époque également que la profession change radicalement. En effet, par le passé, les ordures étaient mises directement dans les caniveaux. Biffins, crocheteurs et piqueurs y trouvent alors les vieux tissus qu’ils revendent pour en faire de la pâte à papier et de nombreux objets auxquels ils peuvent donner une seconde vie. Malgré cela, et du fait de la population grandissante de Paris, la ville croule sous les immondices et le préfet Eugène Poubelle décide en 1883 de rendre obligatoire l’usage des boîtes à ordures.

Les chiffonniers, d’abord privés de leur ressource, sont autorisés à étaler le contenu des poubelles sur des toiles.

Mais depuis lors, les chiffonniers, qui récupéraient avant tout des objets abandonnés, deviennent des brocanteurs et achètent chez les particuliers. Et si leur emblème n’a pas changé, le métier a considérablement évolué, donnant ses lettres de noblesse au marché aux Puces où l’on vient autant pour trouver des vêtements ou du mobilier « vintage » que des meubles rares ou des objets précieux.

Répartis en différents marchés, les « puciers » sont devenus des experts spécialisés dans des domaines aussi variés que spécifiques et ont fait du Marché aux Puces de Saint-Ouen une adresse incontournable du « seconde main », le « Grenier du monde » !

Pour la petite histoire….

Difficile d’imaginer aujourd’hui que les premiers puciers qui s’installent dans la « Zone » près de Saint-Ouen le font pour se rapprocher des lieux de divertissements qui attirent tant les Parisiens de la fin du XIXe siècle ! Il régnait en effet à Saint-Ouen une ambiance festive chaque dimanche et l’on y venait se baigner en bord de Seine, faire du canotage, danser aux bals, manger et enfin boire, le petit vin de Saint-Ouen dans les nombreuses guinguettes du village.

J’ai participé avec mon entreprise à plusieurs visites organisées par Marjorie (Montmartre, les passages couverts, l’Opéra Garnier, le musée de l’Orangerie…) et j’ai adoré la façon dont elle raconte les lieux, leur histoire ainsi que les anecdotes. Elle est même parvenue à me faire apprécier des oeuvres que je considérais sans intérêt en les replaçant dans le contexte de l’époque et de leur auteur ! Encore merci Marjorie et à bientôt pour de nouvelles visites.
Christine S

Le 08/06/2021

Le professionnalisme, les connaissances historiques et culturelles, la pédagogie de Marjorie ont rendu cette « visite » sur les Expositions Universelles hyper intéressante et enrichissante. Nous aurions pu continuer à l’écouter pendant des heures. Hâte de la retrouver pour les visites dans Paris.
Mélanie Dufond

Crédits photos : Les Bonnes Visites

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