Les Buttes Chaumont et la Mouzaïa

Visite guidée

1h30 à 2h

25 personnes (bons marcheurs)

Inauguré à l’occasion de l’Exposition universelle de 1867, le parc des Buttes-Chaumont est l’un des plus curieux et des plus pittoresques à Paris. Cascades, grottes et fabriques rythment le parcours et le promeneur jouit d’un panorama exceptionnel sur Paris. Puis, les villas de la Mouzaïa, havres de paix perdus dans la verdure, invitent à poursuivre la flânerie dans ce quartier au charme désuet de la fin du XIXe siècle.

Une urbanisation lente et irrégulière

Sur les hauteurs de Paris, au nord-est de la capitale, l’ancienne Butte de Beauregard est aujourd’hui communément appelée « quartier de la Mouzaïa ». Autrefois couronnée de moulins, la butte est couverte de nos jours de nombreuses voies privées, villas traversantes, recelant une succession de maisons de poupées colorées. Leur construction fut autorisée tardivement et selon des règles très strictes car elles se trouvaient au-dessus des anciennes carrières. Ces carrières, qui s’étaient progressivement agrandies jusqu’à atteindre 25 ha, étaient parmi les plus importantes de Paris. A cet emplacement, la carrière était dite « carrière d’Amérique » car ses pierres avaient servi dans le courant du XIXe siècle à la construction, entre autres, de la Maison Blanche à Washington et du socle de la Statue de la Liberté.

Le terrain occupé par ces anciennes carrières, qui ne produisent plus rien à partir des années 1870, pose des problèmes à plus d’un titre. Impropre à la construction comme à la culture, son propriétaire ne sait qu’en faire. La ville, qui en a la charge depuis l’annexion, ne peut que constater sa fragilité. Après l’échec d’un marché aux chevaux, une viabilisation débutante permet d’envisager les premières maisons, de hauteur modeste, et dont les constructions dureront jusqu’à la veille de la seconde Guerre mondiale. Une urbanisation lente, irrégulière, qui donne à ce dédale de ruelles un aspect pittoresque rare à Paris.

De la décharge au poumon vert…

Situées à proximité sur l’ancienne commune de Belleville, d’autres carrières de gypse furent également annexées par la Ville de Paris en 1860. Dans ce quartier où régnait l’insalubrité, la ville fit l’acquisition d’un site de 25 ha afin de créer un parc qui fut déclaré d’utilité publique en 1862. Au lieu d’aplanir les buttes, on en conserva les précipices naturels, on creusa un bassin et une ancienne galerie de la carrière fut même utilisée pour y faire une grotte. En quelques années fut créé l’un des plus beaux espaces verts du Second Empire, pendant au parc Montsouris au sud, au parc Monceau à l’ouest et au Bois de Vincennes au sud-est. Le jardin fut inauguré en 1867, au moment de l’Exposition Universelle, reflétant aux yeux de tous l’âme romantique de cette époque et glorifiant les grands travaux entrepris mais encore inachevés dans le reste de la capitale.

Tout en exaltant la nature aux Buttes-Chaumont, Napoléon III, amateur de jardins anglais, offrait ainsi un poumon vert à ce quartier ouvrier du nord de la capitale.

Pour la petite histoire….

Si le parc des Buttes-Chaumont représente l’une des plus belles réussites d’aménagement d’espace vert entrepris sous le Second Empire, transformer les anciennes carrières de gypse en magnifique parc à l’anglaise ne fut pas une mince affaire pour Alphand et son jardinier en chef Barillet-Deschamps. Il ne fallut pas moins de trois années de travaux titanesques et le transport d’un million de mètres cubes de terre pour transformer l’endroit, impropre à la culture puisqu’en plus des carrières il servait de bassin d’épuration et de décharge pour les cadavres de chevaux !

J’ai participé avec mon entreprise à plusieurs visites organisées par Marjorie (Montmartre, les passages couverts, l’Opéra Garnier, le musée de l’Orangerie…) et j’ai adoré la façon dont elle raconte les lieux, leur histoire ainsi que les anecdotes. Elle est même parvenue à me faire apprécier des oeuvres que je considérais sans intérêt en les replaçant dans le contexte de l’époque et de leur auteur ! Encore merci Marjorie et à bientôt pour de nouvelles visites.
Christine S

Le 08/06/2021

Le professionnalisme, les connaissances historiques et culturelles, la pédagogie de Marjorie ont rendu cette « visite » sur les Expositions Universelles hyper intéressante et enrichissante. Nous aurions pu continuer à l’écouter pendant des heures. Hâte de la retrouver pour les visites dans Paris.
Mélanie Dufond

Crédits photos : sophianovita sur Pixabay et Mbzt — Travail personnel, CC BY-SA 3.0 

Programmes associés

La Butte aux Cailles,

Le Pari(s) d’Haussmann

Le Parc Montsouris et son quartier

Vous apprécierez aussi…

Le quartier latin

Le quartier latin

Face à l’île de la Cité, la rive gauche de la Seine est depuis le XIIe siècle le quartier privilégié d’installation des étudiants. Sur les pentes de la Montagne Sainte Geneviève, s’installent les premiers collèges, ancêtres de nos résidences universitaires, et leurs lots d’étudiants. Visite guidée dans les ruelles préservées des siècles passés, qui serpentent entre les écoles prestigieuses et les églises remarquables.

Les Batignolles

Les Batignolles

Promenade dans les rues d’un quartier qui achève sa mue.. Village au début du XIXe siècle, il fut au coeur de deux révolutions majeures du siècle : le chemin de fer et l’Impressionnisme… Quartier aux multiples facettes, riche de sa diversité et de son dynamisme, il a été choisi pour l’installation de la nouvelle Cité Judiciaire et du Parc Martin Luther King, poumon de l’éco-quartier nouvellement sorti de terre..

Saint-Augustin, de la Petite Pologne à l’Europe

Saint-Augustin, de la Petite Pologne à l’Europe

A l’époque de Louis XV, le quartier dit de la « Petite Pologne » était encore en friche. Une barrière d’octroi y était située, prenant le surnom d’un cabaret installé dans les environs. Souvent décrit comme un repaire de mendiants, de vagabonds et de gens sans aveux, il inspire les auteurs parisiens tels que Balzac ou Eugène Sue.

Le Gros Caillou

Le Gros Caillou

Dans l’ombre de la Tour Eiffel, caché derrière les Invalides, se trouve un quartier méconnu. A cet emplacement se trouvait jadis des îles et le canal de la Petite Seine. Une borne délimitait probablement les seigneuries de St Germain et de Ste Geneviève qui se partageaient le secteur. Le Gros Caillou se développa autour, durant le XVIIe siècle, encouragé par la construction de l’Hôpital des Invalides. Les familles des invalides s’y installèrent, les fournisseurs également.