Les places Royales

Joyaux d’architecture

Visioconférence / conférence en salle

1h15 à 1h30

Jusqu'à 100 participants

De Henri IV à Louis XV, les rois de France ont élevé à Paris de somptueuses places pour séduire les promeneurs parisiens et célébrer la gloire de la France et des Bourbons.
Promenade virtuelle sur ces lieux chargés d’histoire à la redécouverte de leur allure première et de leurs raisons d’être.

Naissance d’une place royale

En 1604, le roi Henri IV décide d’implanter une manufacture de drap de soie et or, à la façon de Milan, à l’emplacement de l’ancien hôtel des Tournelles. L’ancienne résidence des Valois, détruite par Catherine de Médicis à la mort d’Henri II n’était plus occupée que par un marché aux chevaux.
Dès 1605, décision est prise de lotir le reste du terrain au profit d’une place carrée bordée sur trois côtés de pavillons uniformes. Destinés aux bourgeois et aux artisans du drap, ces pavillons disposaient au rez-de-chaussée d’une galerie sur laquelle devaient ouvrir des boutiques. Le centre de la nouvelle place devait rester libre et son terre-plein servir de promenade aux Parisiens, qui en manquaient cruellement.
Si la qualité du dessin des façades, des matériaux rappelle le caractère royal de la commande, l’usage prévu était bien celui d’un espace dédié à l’artisanat et au commerce, à la rencontre et à la promenade. Cet usage fut pourtant rapidement dévoyé, faute d’argent, le roi confia la construction à des investisseurs qui préférèrent s’installer eux-mêmes dans des pavillons raffinés, condamnant de fait le projet du bon roi Henri…
Ce n’est qu’en 1639 que le Cardinal de Richelieu commende une statue équestre de Louis XIII qui, placée au centre, affirme un peu plus la dimension politique de la place et lui donne des allures de Place Royale (nom qu’elle portera jusqu’au Consulat, puis épisodiquement au XIXe siècle.)

Art, politique et mise en scène

Les places royales telles que nous les voyons aujourd’hui ont régulièrement plusieurs points communs qui ont pu être considérés comme des critères de réalisation. L’étude de leur genèse montre que cette lecture anachronique masque les problématiques propres à chacune d’entre elle.
La place Dauphine, avec sa forme géométrique et ses façades ordonnancée, ne fut jamais envisagée pour recevoir la statue d’Henri IV placée tout à proximité sur le Pont Neuf, axe majeur de la circulation parisienne de l’époque.
De même, si la statue de Louis XIV par Martin Desjardins est bien le point de départ de la place des Victoires, sa forme circulaire est le fruit de transformations ultérieures visant à en faire un véritable lieu d’adoration royale.
La place Vendôme la première, dans un esprit de compétition avec la précédente, est construite comme un écrin pour la statue équestre du souverain. Pour augmenter encore son prestige, elle doit être bordée d’administrations royales mais une fois encore, faute de crédits, la construction est laissée aux promoteurs avec les mêmes dérives que précédemment. De lieu ouvert au service de la royauté la place se renferme sur de luxueux hôtels habités par les financiers du royaume.
Louis XV comme ses aïeux cède à la tentation d’une place pour installer la statue offerte par la Ville de Paris. Entre les Tuileries et les Champs Elysées, bordée par la Seine, la place Louis XV, future place de la Concorde, n’est lotie que sur sa face nord telle une scène de théâtre géante…

Pour la petite histoire….

La place Dauphine est construite par Henri IV pour célébrer la naissance du Dauphin, futur Louis XIII. Le fils aîné du roi de France porte le titre de Dauphin depuis le XIVe s. C’est en effet en 1349, que le Dauphiné du Viennois, état féodal dont Grenoble est la capitale, est acheté par Philippe VI, entérinant une promesse faite quelques années auparavant, en cas de « transport » au royaume de France, de conserver ce surnom devenu un titre et donné dans la famille des seigneurs du Dauphiné du Viennois depuis plus de deux cents ans. 

J’ai participé avec mon entreprise à plusieurs visites organisées par Marjorie (Montmartre, les passages couverts, l’Opéra Garnier, le musée de l’Orangerie…) et j’ai adoré la façon dont elle raconte les lieux, leur histoire ainsi que les anecdotes. Elle est même parvenue à me faire apprécier des oeuvres que je considérais sans intérêt en les replaçant dans le contexte de l’époque et de leur auteur ! Encore merci Marjorie et à bientôt pour de nouvelles visites.

Christine S

Le 08/06/2021

Le professionnalisme, les connaissances historiques et culturelles, la pédagogie de Marjorie ont rendu cette “visite” sur les Expositions Universelles hyper intéressante et enrichissante. Nous aurions pu continuer à l’écouter pendant des heures. Hâte de la retrouver pour les visites dans Paris.

Mélanie Dufond

Crédits photos :
Transport sur la place Louis-le-Grand (actuelle place Vendôme) de la statue de Louis XIV de Girardon, le 16 juillet 1699, par René-Antoine Houasse, Musée Carnavalet, site Paris Musées
Leo SERRAT Unsplash

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